Vous êtes ici: Accueil / Au fil du temps / La nature est cruelle

La nature est cruelle

« La nature est cruelle. »

Voila la grande vérité que depuis des siècles les savants et les mystiques solitaires s’efforcent de nous transmettre. Elle peut être belle, puissante, émouvante, mais elle est surtout cruelle. Cette considération métaphysique, de par sa fulgurance, a le mérite d’établir durablement un consensus. Qu’on s’en orgueillisse ou qu’on (comme c’est le cas la plus part du temps) le déplore, ce constat ne fait que très rarement l’objet d’un débat.

Il est communément admit qu’a un moment ou un autre de sa vie, l’homme sage se trouve en tête à tête avec cette évidence. L’émergence de la conscience de ce fait est d’ailleurs l’un des marqueurs de lucidité les plus efficace. –c’est nos échelles de valeur qui en ont décidé ainsi.-

« La nature est cruelle ». Cette affirmation est certes fulgurante mais elle est aussi définitivement fausse. Car, dans la nature il n’y a pas une once d’intention. La nature n’est pas cruelle, elle n’est pas non plus méchante tout comme elle n’est certainement pas vertueuse. Elle est indifférente Pour elle, l’issu importe peu. Seul compte l’accomplissement de l’action engagée en accord avec les seules lois de la physique au sens large. (J’englobe donc les lois de la chimie, de la biologie et de toutes les formes de manifestation physique). Dans la savane, lorsque les lionnes traquent, harcellent, mordent, exécutent, puis dévorent une gazelle, il n’y a à aucun moment dans leurs actes une quelconque volonté de nuire. Elles chassent par nécessité. La souffrance de la gazelle est une considération qui n’entre absolument pas en compte dans la décision de chasser. Tout un faisceau de circonstances a décidé de son sort.

De même, dans les relations sociales qui sont au fond des relations naturelles entre individus, la méchanceté n’occupe que très rarement le rôle moteur qu’on lui prête volontiers trop souvent. Ce n’est pas avoir foi en l’Homme que de dire ça. Avec constance, les choses se limitent fréquemment à des questions d’envie, et d’opportunité. Les motivations et les licences morales qui soutiennent ces actions ne sont pas des moteurs mais bien des conséquences de ces envies.

Dans le fond, à quoi cela sert de savoir tout ça? Il y a toujours des gens qui sont victimes d’envie et de pulsion. Le fait que ces pulsions ne soient motivées ni par la haine ni par la méchanceté ne rend pas ces agressions moins difficiles à subir pour les victimes. « Mal nommer les choses c’est contribuer aux malheurs du monde » disait Camus. Nous avons l’obligation morale de penser correctement la genèse des problèmes sociaux pour espérer y apporter une solution réellement efficace. Nous devons arreter notre recherche du mal et notre chasse aux monstres car si le premier parfois se matérialise, il n’est jamais l’œuvre du second car les monstres, n’existent pas.

Les hommes sont comme ces lions dans la savane. Parmi eux, seuls les fous œuvrent pour la destruction et le chaos. Comme les lions dans la savane, chacun a leur manière ils luttent pour la conservation d’un monde et d’un mode de vie. Comme les lions chassent pour survivre, c’est une lois de la nature qui les met puis qui les maintient en mouvement. Opposer des arguments allant dans le sens du respect des valeurs humaines, ou de l’impolitesse à quelqu’un qui est intiment persuadé d’œuvrer pour la conservation de valeurs sociales fondamentales est une action inutile, et veule car immanquablement, on se trouvera face à un mur d’incompréhension qui ne pourra se traduire que par des oppositions violentes.

Je vous invite à quitter le terrain de l’éthique à vous concentrer sur les seules données brutes fournies par les problèmes sociaux.

A propos de Yvan

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Required fields are marked *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Scroll To Top